Une heure sur la reine

mai 24th, 2011 § 1 comment

J’espérais passer une heure juchée sur la reine Victoria durant cette troisième intervention, mais après coup j’ai réalisé que nous avions plutôt passé une heure sous la reine, je veux dire littéralement juste en dessous de sa robe et de ses pieds. Après avoir couraillé la ville pour tenter d’obtenir la nacelle que j’avais réservée à Repentigny (nacelle: bras mécanique qui nous aurait déposé dans les bras de la reine, ou sur son dos, ses épaules, son nez), on est revenu au monument les mains vides, à cause d’un détail technique malencontreux: il manquait deux pouces derrière la boule du camion loué, pour que la nacelle puisse prendre les tournants de la route avec nous.

À 19 heures on est monté sur le monument, on a brandi nos drapeaux et malgré les orages prévus et les risques de pluie il faisait encore beau, avec un vent vigoureux idéal pour la flottaison les drapeaux. Un autobus de visites guidées est passé, puis il est repassé, et repassé encore, puis une quatrième fois. Les gens à bord ont pu voir l’évolution de l’intervention en quatre temps. C’était un genre d’autocar nolisé, j’ai pas trop compris où il s’en allait ni ce qu’il faisait. Peut-être les gens à bord avaient-ils acheté des billets pour venir assister à notre intervention en toute quiétude ? Des sièges de luxe à l’abri des intempéries?

photo: helena martin franco

Nous avons vu défiler beaucoup de gens épars, des voitures et des personnages à cravates, certains qui s’intéressaient à l’action, essayant de la capturer à l’aide de leur téléphone cellulaire, d’autres qui regardaient leur montre d’un pas pressé. Nous avons entendu d’innombrables klaxons d’enthousiastes retentir, dont un chauffeur d’autobus de la ville qui s’en est donné à coeur joie.

Il y a quelques jours je me suis rappelée que le jour des Patriotes était aussi le jour de la fête de la reine au Canada anglais. La reine Victoria du Royaume-Uni, puissante figure impériale et grande colonisatrice, aurait eu 192 ans cette année. Si cette statue pouvait s’animer je crois qu’elle se demanderait ce qu’elle fait encore ici. On a tenté de la questionner à ce sujet, à l’aide de drapeaux du Québec re-configurés, débarrassés de ses fleurs monarchiques, présentant plutôt des iris versicolores, des bleuets, des mésanges, des poutines, des coeurs gais. Elle est restée là, immobile, bouche-bée, tout au long de l’intervention. La jeune reine, immortalisée en bronze à 18 ans alors qu’elle accéda au trône, domine le square, inébranlable. Un peu après 20h on a dû quitter les lieux à cause de la pluie. Elle est restée.

photo: helena martin franco

Merci à Mihee-Nathalie Lemoine, Myriam Jacob-Allard, Johanne Whitmore, Marc-André Charron, Emmanuel Estérez et Felix von Geyer pour leur participation et à Florence S. Larose, Helena Martin Franco et Janick Rousseau pour la documentation.

photo: helena martin franco

 

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